Campagne 2018 – OA 3321
Opération d’identification de bien culturel maritime organisée sur dix jours, du 14 au 23 avril 2018 dans la baie de Saint-Jean-de-Luz Ciboure. Malheureusement les conditions météo et l’état agité de la mer n’ont permis que cinq jours de plongée nous limitant dans nos recherches. Il s’agissait de positionner avec précision et d’étudier le site des canons qui avait été repéré le dernier jour des prospections au cours de la campagne de l’année 2017. Une fois le site positionné, le nettoyage des canons nous a permis d’en faire une première étude et la planimétrie. Il s’agit d’un ensemble de 5 canons en fer (EA 5237), très concrétionnés, 2 pierriers (type fauconneau) et trois canons de différents calibres, sa disposition et son hétérogénéité nous posent question. En effet, les canons CVM 3 et CVM 4 sont disposés l’un sur l’autre et
parfaitement alignés.
Ce gisement pourrait être mis en rapport avec des éléments que nous ont dévoilés les archives de Simancas à Valladolid (Espagne). En effet, associée à une carte sur laquelle apparaît le fort d’Ayanzo ou Bordagain à Ciboure, nous avons retrouvé la correspondance entre l’officier en charge de la défense du fort et sa hiérarchie datant de 1637. Il y est fait état d’une embarcation chargée des sept dernières pièces d’artillerie de fer évacuées du fort en raison de l’arrivée imminente des troupes Françaises (20 000 hommes). La tempête empêchant toute tentative d’appareillage, les Espagnols pour éviter que les Français s’en emparent, incendient le navire qui coule dans la baie. Le nombre de pièces comme leur disposition, la typologie et le matériau de fabrication, l’hétérogénéité du gisement ainsi que sa localisation semblent rattacher le site à cet événement du XVIIe siècle. Nous avons trouvé une ancre à jas mobile coudé (fin XVIIIe début XIXe) à seulement 20 mètres du site des Vierge de Muskoa.
- EA 5806 : Nous avons également prospecté sur un second site possible de canons, signalés par Pantxua Larreguy, face au cimetière de Ciboure. Nous n’avons pas trouvé de canons mais nous avons repéré une sorte de caisse (30 x 51 x 25 cm) avec trois poignées et d’un volume de 38 litres. Le risque de pillage de cet objet isolé nous a amené à effectuer son prélèvement avec l’idée d’étudier s’il s’agissait d’un élément archéologique ou non. L’objet remonté s’est avéré être un bloc de béton, l’impression de coffre en bois venait des marques du coffrage et des poignées, il s’agit peut-être d’une éprouvette de béton réalisée dans le cadre de la construction des digues (hypothèse à vérifier).
